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Création du Parc marin d’Iroise et gestion des espaces côtiers : trois questions à Janick Moriceau

mercredi 10 janvier 2007

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Janick Moriceau, vice-présidente chargée de la mer

B.V.M. L’enquête publique portant sur la création du Parc Naturel Marin d’Iroise s’est achevée le 22 décembre. Quelle a été la position de la Région ?

Janick Moriceau. La Région s’est prononcée en faveur de la création de ce premier parc marin français. Quelques élus, UMP et UDF, ont préféré s’abstenir mais dans l’ensemble, ce projet fait consensus à l’échelle du Conseil régional et du Conseil Economique et social. Nous avons en Bretagne et en particulier en Iroise un patrimoine naturel exceptionnel. On y trouve par exemple la plus grande diversité algale au monde. Les parcs naturels marins seront un outil essentiel de préservation. Que le premier soit breton est une chance pour nous. La création de ce parc va nous permettre d’expérimenter et d’innover sur un espace significatif en bâtissant un projet territorial s’inscrivant dans une perspective de développement durable en vue de protéger et de gérer dans les meilleurs conditions la biodiversité.

B.V.M. Comment sera géré le Parc Naturel Marin ?

J. M. La Région a fait le forcing, et la ville de Brest ensuite, pour que l’Agence des aires marines protégées soit installée à Brest. Ce sera le cas puisqu’elle ouvre ses portes en février à Brest. Cette agence sera chargée de gérer l’ensemble des parcs marins sur le territoire français. Il y en a une dizaine en perspectives. Elle regroupera 38 salariés dont une quinzaine pour le seul Parc Naturel Marin d’Iroise. L’Agence interviendra en soutien sur d’autres sites maritimes remarquables, sur les zones Natura 200 par exemple. Elle sera dirigée par M. Laroussinie et présidée par Jérôme Bignon, député UMP de la Somme. Je fais partie du Conseil d’administration et du bureau de cette agence. Sa localisation à Brest fait de la Bretagne un pôle de référence mondiale dans le domaine maritime car nous abritons déjà les unités de recherche de l’IFREMER, de l’Institut Européen de la Mer, du Muséum d’Histoire Naturelle. Cette agence servira également de soutien technique à l’organisation des Conférences internationales sur la biodiversité marine. On peut dès lors envisager qu’une de ces conférences soit organisée en France et pourquoi pas en Bretagne. C’est pour nous un levier fantastique de développement durable.

B.V.M. D’un point du vue plus global, la Région a initié des forums participatifs en vue de la rédaction d’une charte sur la gestion intégrée des zones côtières...

J. M. Tout à fait. Ce projet est exemplaire en France. Nous avons souhaité que l’écriture de la Charte, qui sera rendu publique à l’automne 2007, se fasse de manière participative. Cela n’allait pas de soi car la zone littorale connaît de multiples conflits d’usage. Toutefois, la démocratie participative est un élément essentiel du développement durable. Nous ne pouvions imaginer procéder autrement qu’en réunissant les acteurs du littoral. Et nous n’avons jusqu’ici, après les forums de Saint-Malo et Pleumeur-Bodou, pas été déçus. Les relations entre les acteurs sont dans l’ensemble constructives, rarement polémiques contrairement à ce que l’on pouvait s’attendre. Il existe des constats partagés et des accords sur certains grands principes, notamment la nécessité de rompre avec le modèle de développement actuel. Et ce quelque soit les secteurs d’activité. Apprendre à être plus économe en espaces, à mieux respecter l’environnement dans une recherche d’équilibre entre les usagers, voilà autant d’orientations qui font consensus sur le principe. Leur concrétisation est toutefois plus difficile mais en aucun cas insurmontable. La Charte devrait contribuer à préserver nos richesses maritimes tout en favorisant la mixité et l’équité sociales sur un espace littoral très prisé. L’Établissement Public Foncier, piloté par Michel Balbot, sera un moyen essentiel de répondre à cette dernière préoccupation. Par ailleurs, la Charte fera l’objet d’une concertation annuelle dans le but de l’améliorer. Elle ne sera pas figée. Du reste, certains acteurs sociaux professionnelles et même certaines communes souhaitent déjà aller plus loin en s’engageant à respecter la Charte. Tout cela est positif. Elle servira aussi de grille d’analyse et d’adaptation des politiques régionales.


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