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Londres Nairobi en avion : 2,7 kilos de CO2 !

mercredi 10 janvier 2007

Il ne s’agit pas de se donner des bâtons pour se faire battre mais d’être lucide. J’ai traîné les pieds pour me rendre à la conférence sur le climat de Nairobi. Je savais la mission éprouvante et l’addition salée en deniers publics comme en carbone. J’ai traîné les pieds en pensant à ceux qui diraient qu’ils auraient aimé être à ma place et les autres qui penseront qu’il faut vraiment avoir de bonnes raisons pour alourdir à ce point son empreinte écologique. Explication : la Région a rejoint un réseau international de gouvernements régionaux pour le développement durable (NRG4SD) qui veut faire reconnaître le travail des gouvernements régionaux aux Nations Unies. J’ai la mission de préparer avec Christian Guyonvarc’h une conférence internationationale en 2008 à St Malo « Implication des Régions sur le climat - mitigation (c’est-à-dire atténuation) et adaptation ». Voilà le cadre de cette mission à Nairobi.

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Campagne de prévention pour les préservatifs.

Maintenant quels éléments je retiens de cette conférence sur le climat ? D’abord, une grande injustice, l’Afrique subit de plein fouet les changements climatiques. Sécheresse, inondations, montées des eaux, incendies, perte en ressources, absence de prévention face à des accidents climatiques rares de plus en plus fréquents ... autant de misères qui se combinent avec la dette, la pauvreté, le sida, la malaria, les guerres ...

Nairobi : 16% de personnes porteuses du Sida. 1 million et demi d’habitants dans les bidonvilles souvent sans latrines mais avec des flying toilettes, ces sacs en plastiques qui véhiculent la malaria. Ajouter une grande insécurité qui monte à chaque panne d’électricité. On est près des grands lacs ; ils s’assèchent. En Afrique, on considère que plus de 480 millions d’africains en difficulté en 2025 seront amenés à quitter leur pays (pénurie d’eau, agriculture peu productive, côtier, paludisme ...) : des réfugiés climatiques. Le fonds dit d’adaptation proposé par les pays industrialisés de 200 à 600 millions de dollars n’est pas du tout crédible vu l’ampleur des dégâts [1].

La France, loin d’être la bonne élève

Ensuite, je mesure à quel point les objectifs du protocole de Kyoto sont minimes face aux enjeux - ce n’est pas de 8% que le Nord devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux émissions de 1990 mais de 50 à 80% pour réellement freiner le changement climatique ! La France est loin d’être la bonne élève que les tenants du nucléaire tentent de faire croire, elle pourrait tenir - 0,8 %, l’Angleterre fera -14,3 % et l’Allemagne - 17,2%. Le Canada, signataire, fait + 30 % , on comprend pourquoi le gouvernement conservateur songe à sortir du protocole ! les USA non signataires : + 15,8 % ! « Business opportunities in mitigating climate change » [2], non le changement climatique ne peut pas être un bon business ! Des ONG comme la Coalition Mondiale des Forêts veulent une régulation des Programmes de développement Propre [3]. Elles veulent protéger les ressources des peuples forestiers (comme l’on expliqué les indiens de Kogis de Colombie venus en Bretagne en 2004) et éviter des marchés de services environnementaux qui pousseraient les firmes à acheter les forêts. http://www.wrm.org.uy

Protéger les femmes

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Mitigation / adaptation : une grenouille qui tombe dans un récipient d’eau chaude saute du récipient ; une grenouille qui peu à peu se réchauffe, s’y habitue et en meurt...
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Une femme Massaï qui participe au programme de plantation du World Agroforestry Centre.

Le changement climatique, c’est d’abord la protection des peuples et des personnes fragiles ; des associations féministes étaient là pour dire que les déclarations de Kyoto et de Nairobi devraient prendre en considération les femmes parce qu’elles sont déjà les plus touchées. http://www.genanet.de Sur les biofuel, un collectif mondial s’est créé pour réguler, là aussi, ce nouveau marché qui pourrait poser de multiples problèmes de concentration des terres, de souveraineté alimentaire, de, d’accroissement de paysans sans-terre ... simonelovera@yahoo.com

Je terminerai ce compte-rendu sombre sur une Afrique qui relève la tête [4], des ONG rassemblées comme Action Climat ou le Green Belt Movement et des politiques qui résistent dans les débats comme la ministre kenyane Pr Wangari Matahaï (Nobel de la Paix) ou la ministre brésilienne Marina Silva.

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La Ministre kényane Wangari Maathai, Prix Nobel de la Paix 2004.
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Green belt movement : "Changement climatique : planter des arbres fait la différence !"
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Planter est la solution pour produire de la nourriture, renforcer la biodiversité, éviter l’érosion des sols.

J’ai rencontré le Green Belt Movement, le parti Vert Kényan et brièvement Wangari Maathai que j’ai invitée à St Malo en 2008. Wangari est du peuple kikuyu, Nobel de la Paix. Elle a déclenché un mouvement agroforestier profond au Kenya et en Afrique. Wangari est persuadée que planter est la solution pour produire de la nourriture, renforcer la biodiversité, éviter l’érosion des sols. Et elle plante avec des milliers de femmes, des milliers d’arbres... avec d’ailleurs les fameux fonds de compensation qui émanent de l’Agence de Développement (France) et d’Euskadi En conscience, je vais proposer sur un fonds Carbone interne au Conseil Régional, pédagogique, destiner à modérer les déplacements et alimenter le budget solidarité internationale.

Pascale LOGET

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Sur le tee-shirt : "Reconnaître les liens entre l’environnement, la démocratie et la paix" Wangari Maathai.

[1] Dégâts du cyclone Katrina à la Nouvelle Orleans estimé à 120 millions de dollars.

[2] Formule du Plan Climbus des Finlandais.

[3] Compensations Carbone des pays industrialisés pour installer des technologies propres, enrayer les déforestations, créer des puits de carbone dans les PED.

[4] Illustrée magnifiquement par le film Bamako d’Abderrahmane Sissako. Pour en savoir plus sur ce film comme sur Nairobi