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mercredi 10 janvier 2007
Le projet aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes est plus que jamais dans l’air du temps. L’enquête publique s’est achevée le 30 novembre dernier. Notre groupe a déposé ses observations et communiqué sa position à la presse régionale le 23 novembre. Nous avons développé un argumentaire en trois points. 1er point, ce projet va clairement à l’encontre des objectifs du développement durable. Les trajets aériens contribuent fortement à l’émission de gaz à effet de serre. Le coût environnemental direct du transport aérien est estimé 5 à 6 fois plus important que les autres modes de transport. La France a ratifié le Protocole de Kyoto et s’est fixé un objectif : la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre en 2050. Cette problématique n’est à aucun moment prise en considération ce qui nous paraît irresponsable de la part des décideurs publics. Le trafic aérien doit être limité, il n’y a pas d’autres choix. Il n’est pas plus question de la crise énergétique. Les trois scénarios présentés pour justifier ce projet se basent sur deux états de variables avec un baril de pétrole oscillant de 60 à 80 $ en 2025 avec un test à 120 $. C’est là aussi proprement irresponsable. Le prix du baril de pétrole a déjà atteint les 60 $ en juin 2005, il a même grimpé à 80 $ au printemps 2006 ! Deux experts du groupe Caisse d’épargne ont estimé à 385 $ le prix du baril et ce dès 2015. L’hypothèse retenue de l’absence de nouveaux conflits est tout aussi aberrante car on sait que la crise énergétique est un facteur déclenchant de guerres. Dans ces conditions, la perspective commerciale de 4,5 millions de passagers en 2025 et de 9 millions en 2050 nous paraît démesurément optimiste. Les entreprises diminueront les déplacements en privilégiant la visioconférence et il ne faudra pas compter sur les retraités qui vont subir une baisse générale de leur revenu. Enfin, la perspective du développement des compagnies low cost pose question sur le plan social et de la sécurité. 2ème point : ce projet constitue une menace pour l’équilibre territorial de la Bretagne. Le développement économique régional se polarise sur et autour de Rennes et de manière plus générale sur une ligne incurvée allant grossièrement de Saint-Malo à Lorient. L’est de la Région est raccordé au réseau d’échange européen par l’A84. La future plateforme multimodale de marchandises de Châteaubourg et la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne feront qu’accentuer le phénomène de métropolisation autour des villes de Rennes et de Nantes sans que l’ouest de la Bretagne ne soit, lui, raccordé à ce réseau. 3ème point. Le plan de financement est totalement sous-estimé. Les 150 M€ pour la réalisation du Tram Train entre Nantes et Notre-Dame-des-Landes ne sont pas intégrés. Pas plus que la réalisation de la future ligne ferroviaire rapide entre Rennes et Nantes passant à Notre-Dame-des-Landes.
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